Conditions de travail : avis aux recruteurs, les cadres ne font pas l’impasse

Conditions de travail : avis aux recruteurs, les cadres ne font pas l’impasse

Publié le 23/01/2024

Pendant longtemps, les candidates et les candidats se sont surtout souciés du niveau de salaires et de l’intérêt des missions pour choisir un nouvel employeur. Travail hybride, développement des outils numérique - qui bouscule le droit à la déconnexion –, etc., ont pour effet que la QVCT est devenu un critère à part entière. Les entreprises ont tout intérêt à en avoir conscience.

La QVCT est devenu un levier d’attractivité 

45 % des cadres jugent que les conditions de travail sont un critère essentiel pour décider de rejoindre une entreprise, juste derrière la rémunération et le contenu du poste.  Et une fois en poste, c’est une promesse à respecter. Pour les cadres, elle repose sur quatre piliers : les relations de travail, l’autonomie, la reconnaissance et la charge de travail. Et d’après eux, toutes les entreprises sont loin d’être exemplaires en la matière. Trop d’entre elles négligent encore ce sujet ou s’en emparent mal. En conséquence, afficher ses ambitions en matière de qualité de vie et de conditions de travail (QVCT) ne suffit pas. Il faut qu’elles se concrétisent, au risque de ne pouvoir attirer les profils dont les entreprises ont besoin et de les conserver car les cadres souhaitant rester dans leur entreprise sont nombreux à expliquer leur décision par leur satisfaction en matière de conditions de travail.

Un sujet peu abordé par les recruteurs 

Si ces aspects sont de plus en plus essentiels, ceux-ci demeurent toutefois délicats à évaluer pour les candidats et les candidats dans la recherche d’un nouvel employeur. Lors de leurs recherches et des entretiens de recrutement, une majorité des cadres jugent qu’il est difficile d’obtenir des informations au sujet de la reconnaissance (62 %), de la charge de travail (59 %) ou encore de l’ambiance et des relations de travail au sein de l’équipe (56 %). Les informations relatives à l’autonomie sont également jugées difficiles à évaluer par près de la moitié des cadres. Devenu un élément différenciateur majeur, la QVCT est dorénavant contributrice de la marque employeur, trop peu d’entreprises ont saisi cet enjeu. 

Des stratégies alternatives pour trouver des informations

Faute d’éléments sur la QVCT pour les aider dans leur choix de rejoindre ou non une entreprise, les cadres posent eux-mêmes des questions en entretien, aux RH ou à leur futur manager. Mais craignant parfois qu’aborder le sujet ne les desservent, ils déploient d’autres méthodes pour compléter leurs informations ou pour les vérifier. Certains cadres, notamment les plus jeunes, recherchent des informations à travers les avis sur les plateformes de notation comme Glassdoor ou Indeed, ou encore sur les comptes LinkedIn de l’entreprise et de ses salariés, et peuvent même  prendre contact directement avec des collaborateurs actuels ou anciens de l’entreprise.

Source : Apec, Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), janvier 2024


Article rédigé par Emmanuelle Papiernik