Trois bonnes raisons d’embaucher un jeune diplômé
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Yves Trousseau

Trois bonnes raisons d’embaucher un jeune diplômé

Publié le 02/10/2020 par Yves Trousseau
85% des jeunes diplômés sont déjà en poste en entreprise un an après la fin de leurs études*. Preuve que la défiance des recruteurs à leur égard n’est pas si avérée. Pourtant, par temps de récession, certains se montrent plus frileux… Voici trois raisons de continuer à embaucher des jeunes.

Pour trouver une alternative au mouton à cinq pattes

Je rencontre souvent des managers en quête du mouton à cinq pattes : ils veulent une recrue expérimentée, immédiatement opérationnelle et pas chère. Certains restent ainsi de longs mois bredouilles, confrontés à la pénurie, sans envisager d’embaucher un ou une jeune diplômée. En cause, l’idée que leur « inexpérience » nécessiterait un accompagnement chronophage… A nous de les aider à lever ces freins. D’abord, les jeunes diplômés ne sont pas tous des « bleus » : la plupart ont fait de longs stages, certains ont travaillé en alternance. De plus, ils sont dans une dynamique d’apprentissage qui facilitera une adaptation rapide. Enfin, ils apportent à l’entreprise des connaissances actualisées et de nouveaux savoir-faire adaptés aux évolutions du marché. En retour, le recruteur peut adapter le périmètre du poste proposé pour faciliter les premiers pas de sa nouvelle recrue. 

Pour apprendre à mieux communiquer avec la génération Z

Saviez-vous que cette génération est aussi appelée génération C pour communication, collaboration, connexion et créativité ? Recruter un jeune diplômé vous obligera à approfondir votre communication de recrutement. Si votre entreprise n’a pas une forte notoriété, évitez l’offre d’emploi formatée et non-différenciante que j’appelle « l’offre conventionnelle ». Privilégiez une offre conversationnelle, dans un style direct, qui amorce l’échange. Variez les canaux de diffusion, en n’oubliant pas les réseaux des écoles. Enfin, au moment des entretiens, soignez « l’expérience candidat ». Que faites-vous vivre au candidat dès qu’il entre en contact avec votre entreprise ? Quel accueil reçoit-il ? A poste et salaire équivalent, un jeune diplômé ira là où son « expérience humaine » sera meilleure. Et, qu’il soit ou non votre future recrue, le bouche à oreilles jouera dès lors en faveur de votre entreprise, suscitant de nouvelles candidatures.

Pour conclure une alliance gagnant-gagnant

Si l’intégration d’un jeune diplômé nécessite un accompagnement certain, vous bénéficierez en retour de son regard neuf sur l’entreprise. N’hésitez pas à solliciter son « rapport d’étonnement » : qu’elle soit formelle ou informelle, cette critique constructive est une aide à l’innovation et vous permet de corriger d’éventuels dysfonctionnements ! Et si le contexte économique vous retient encore de franchir le pas, notez que le plan jeunes du gouvernement prévoit depuis août dernier et jusqu’en janvier prochain des aides à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans. Une compensation de charges de 4 000 euros pour tout jeune recruté en CDI ou en CDD de trois mois minimum et une aide de 8 000 euros pour recruter un alternant de plus de 18 ans. Un coup de pouce bienvenu en ces temps si particuliers.

* source Apec, Baromètre 2020 de l'insertion des jeunes diplômés de 2018

A propos de l’auteur
Diplômé d’un 3e cycle en psychologie sociale et du travail, et après un passage par un cabinet de recrutement et plusieurs missions RH, Yves Trousseau est devenu formateur et ingénieur pédagogique. Il a intégré l’Apec en tant que consultant relations entreprises au centre Apec d’Orléans. Depuis six ans, il est aussi président du groupe Loiret de l’ANDRH. 

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