La banalisation de l'intelligence artificielle va fortement impacter les cadres

La banalisation de l'intelligence artificielle va fortement impacter les cadres

Publié le 21/05/2026

Les usages de l’intelligence artificielle générative se développent très rapidement aussi bien chez les cadres que dans les entreprises et devraient avoir un fort impact sur les métiers cadres selon l’étude que vient de publier l’Apec sur les cadres et l’IA.

Les usages de l’IA progressent fortement chez les cadres

Alors que partout en France est organisé mi-mai 2026, la semaine de l'IA pour tous et toutes, l'étude que publie l'Apec sur les usages par les cadres lèvent les doutes s'il en restait encore : l'IA fait partie de la vie professionnelle d'un cadre sur deux (vs 35 % il y a un an ; +15 pts) qui l'utilisent au moins une fois par semaine. Et le phénomène est encore plus marqué chez les moins de 35 ans (62 % ; +20 pts) et chez les managers (55 % ; +13pts). A noter que le phénomène n'est pas propre aux cadres et au milieu professionnel. Le baromètre du numérique du Crédoc de février 2026, souligne que l'IA générative, adoptée par près de la moitié de la population française (48 %) a connu en deux ans une progression fulgurante, plus rapide que toutes les autres technologies numériques précédentes comme internet, et la téléphonie mobile.
Les cadres utilisateurs réguliers utilisent les outils d’IA générative, comme ChaptGPT, Gemini,  Copilot, Claude, Le Chat ou Perplexity, pour des tâches variées, mais ils y recourent avant tout pour stimuler leur créativité, rédiger des documents ou éclairer leurs décisions. Les managers l’intègrent aussi pour des missions spécifiques à leur fonction, comme la préparation des entretiens annuels ou la recherche de conseils en gestion d’équipe. Cette progression des usages professionnels est à mettre en parallèle avec les pratiques des entreprises.

Les entreprises encouragent de plus en plus le recours à l’IA

L’IA s’impose progressivement comme une opportunité pour les entreprises, malgré des effets oscillants entre gains de productivité et nouveaux défis de gouvernance. Car si l'IA optimise les processus en automatisant par exemple des tâches répétitives, elle soulève également des interrogations majeures sur la sécurité des données et le respect de l'IA Act européen fondé lui aussi, sur les risques. 
Selon l'étude de l'Apec de mai 2026, 4 entreprises sur 10 ont déjà mis en place des outils d'IA à disposition de leurs collaborateurs et collaboratrices, et près d'1 sur 3 a formalisé une politique interne d'usage de l'IA. Un signal fort qui traduit un engagement organisationnel réel, bien au-delà d'une simple tolérance d'usages individuels vues comme un prolongement de pratiques hors travail. 
Les entreprises sont de plus en plus conscientes des enjeux de sécurité et de compétences. En particulier dans les ETI et les plus grandes structures : près 4 sur 10 ont déjà mis en place des formations pour leurs collaboratrices et leurs collaborateurs (+ 17 pts en un an).
Ce mouvement de généralisation des usages de l'IA dans les entreprises crée un cercle amplificateur : plus les organisations investissent dans les outils et la montée en compétences, plus les cadres adoptent ces technologies dans leur quotidien professionnel. Mais les effets de l'IA ne s'arrêtent pas là, ils viennent aussi transformer les métiers cadres. 

L’IA transformera profondément les métiers cadres

Les chiffres sont alarmants, dès 2023 l'OCDE le soulignait et selon la dernière étude sur l'impact de l'IA sur l'emploi et les métiers  de la Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents de mars 2026, la généralisation de l’intelligence artificielle dans les entreprises menace particulièrement les métiers les mieux rémunérés. Pour d'autres chercheurs, comme Hugo Spring-Ragain, doctorant en économie internationale, au CEDS (Centre d'études diplomatiques et stratégiques), elle va plus changer profondément les métiers qu'elle ne va en détruire ou Antonin Bergeaud, économiste et professeur associé à HEC Paris qui analyse les impacts réels des IA génératives sur les compétences et l’évolution des métiers.
D'ailleurs, la moitié des cadres estiment que l’IA aura un impact fort sur les métiers cadres en général (vs 3 sur 10 en 2023) et 39 % sur leur propre métier (vs 25%, il y a 3 ans). Bien qu’ils soient plus nombreux à y voir une opportunité (38 %) qu’une menace (23 %), 39% la perçoivent comme les deux à la fois. S’ils reconnaissent l’utilité de l’IA (67 %) pour exercer leur métier aujourd’hui, les deux tiers estiment que sa maîtrise sera une compétence importante à l’avenir. Pour l’heure, 3 sur 10 déclarent avoir été formés à l’IA, mais davantage pour des formations généralistes que pour des formations liées spécifiquement à leur métier. A se demander si les métiers épargnés par l'IA seront ceux que les cadres auront eux-mêmes fait évoluer grâce à l'IA...

Source : Apec, Les cadres et l’IA, mai 2026

Article rédigé par Emmanuelle Papiernik 

 

Qu'est-ce que l'intelligence artificielle générative ? 
L’intelligence artificielle générative, souvent abrégée sous le terme de GenAI ou IAg, désigne une branche de l’intelligence artificielle capable de produire de nouveaux contenus de manière autonome.
Elle utilise des modèles d’apprentissage profond (deep learning) pour créer des textes, des images, des vidéos, de la musique, du code informatique, etc. Ces systèmes, tels que ChatGPT ou Gemini, s’appuient sur de grands modèles de langage (LLM) entraînés sur des volumes massifs de données et des recherches sur le web. 
Le fonctionnement de cette technologie repose sur une interaction entre l'utilisateur et la machine via un prompt : une instruction textuelle qui définit le contexte et les contraintes de la production attendue.