Docteurs, doctorants : futurs collaborateurs des TPE/PME et ETI ?

Docteurs, doctorants : futurs collaborateurs des TPE/PME et ETI ?

Publié le 07/05/2021

La France dispose de formidables atouts : 59 universités, près de 280 000 directeurs de recherche, professeurs, maitres de conférences, chargés de recherche ou chercheurs en entreprise, mais les acteurs de la recherche restent globalement peu valorisés et l'on constate encore une faible embauche des docteurs dans le secteur privé. Aurélie Jean, docteure en Sciences et entrepreneure, nous explique pourquoi ces profils sont à favoriser.

Dans un contexte où l’incertitude économique limite les projets de recrutement de cadres, pourquoi favoriser les candidatures de docteurs ?

Dans le contexte actuel, l’innovation est fondamentale pour sortir de la crise : les docteurs ont donc une place privilégiée. Ré-inventer son modèle économique, construire de nouveaux produits et services, et repenser son entreprise et son activité, peuvent se faire avec des gens qui voient les choses différemment. Le doctorat est un diplôme encore trop méconnu, stéréotypé et donc peu valorisé dans notre société et sur le marché de l’emploi. Les docteurs ont des compétences uniques et une capacité à s’attaquer à des problèmes complexes avec une ouverture d’esprit qui les caractérise. La résilience, dont ils savent faire preuve, est une arme pour les entreprises qui s’appuieront sur eux pour se réinventer et construire dans les temps longs.

Les docteurs sont-ils dotés d’une opérationnalité adaptée pour travailler dans le secteur privé ?

Ils sont autant opérationnels qu’un jeune diplômé de formation d’ingénieur, en début de carrière, voire plus. En France la plupart des docteurs n’ont pas eu d’expérience professionnelle avant leur doctorat. Cela étant dit, le docteur a, par sa formation de quelques années en thèse, une longueur d’avance. Il ou elle a cette capacité à résoudre des problèmes ouverts et difficiles, à chercher et à traiter l’information rapidement, et à tenir la pression comme jamais. Plus généralement les docteurs ont appris à apprendre, ce qui est une qualité énorme aujourd’hui, car les choses changent très vite comme cette crise nous le montre quotidiennement.

Quelles sont les compétences des docteurs souvent sous-estimées par les recruteurs ?

Tellement de choses ! (rires…) Leur abnégation, leur capacité à apprendre vite, à transmettre, à résoudre des problèmes complexes, leur fort niveau d’abstraction, leur capacité à communiquer, ou encore la facilité avec laquelle ils ou elles synthétisent un sujet. J’aime dire que les docteurs sont des warriors*. 

Comment les recruteurs peuvent-ils attirer ces talents ? Quels canaux sont à privilégier ?

En mettant dans leurs offres d’emploi, le doctorat comme niveau d’étude attendu. Je suis toujours étonnée de voir qu’on ne mentionne que très rarement le doctorat dans les descriptions de postes. Une chose est certaine, il faut que les entreprises aillent à la rencontre des doctorants, dans les universités et les écoles doctorales, dans le cadre de forums étudiants par exemple. C’est au travers de leur marque employeur et de la valorisation de leur culture d’innovation que les entreprises pourront aussi attirer ces talents. Et je conseille aux docteurs de faire des candidatures spontanées et de répondre aux offres d’emploi qui les intéressent, même si le doctorat n’est pas mentionné ! 

 

*Guerriers en anglais.

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