Mieux appréhender les difficultés de recrutement de cadres en 2021

Mieux appréhender les difficultés de recrutement de cadres en 2021

Publié le 03/02/2021

Les recrutements de cadres devraient rester moins nombreux en 2021 qu’avant la crise, réduisant ainsi une partie de la tension spécifique à ce marché. Mais des difficultés de recrutement structurelles devraient se maintenir alors que d’autres pourraient émerger. Comprendre comment ces difficultés vont se réaménager est un enjeu crucial pour les entreprises, afin de bien les anticiper, et pour les cadres, afin de bien se positionner.

Certaines difficultés de recrutement vont perdurer malgré la crise

Selon les estimations de l’Apec, les recrutements de cadres auraient connu une chute inédite de 40 % en 2020 et l’année 2021 s’annonce sous des auspices très incertains. Pour autant, les difficultés de recrutement pourraient persister: 66 % des entreprises, qui ont l’intention de recruter des cadres au 1er trimestre 2021, anticipent des difficultés. 
Alors même que le nombre de candidatures reçues par offre d’emploi devrait progresser au fil des mois, d’importantes difficultés de recrutement structurelles devraient persister pour certains métiers cadres (informatique, production industrielle, chantier, etc.). En particulier, le décalage entre les profils recherchés et les compétences des candidats et des candidates devrait perdurer. Certains postes extrêmement qualifiés resteront ainsi particulièrement difficiles à pourvoir, par exemple dans les métiers de la data ou pour des métiers émergents.
Les difficultés pour certaines entreprises d’attirer des profils dont elles ont besoin pourraient également se maintenir. C’est le cas des PME, mais aussi des entreprises situées dans des territoires en déficit d’attractivité, et notamment les entreprises industrielles. 

De nouvelles tensions vont voir le jour

Inquiets par les perspectives économiques, un certain nombre de cadres en poste pourraient reporter leurs projets de mobilité. Début 2021, 57 % d’entre eux considèrent que changer d’entreprise en cette période constitue plus un risque qu’une opportunité. Pour les métiers où le vivier de candidats et de candidates se situe surtout parmi des cadres déjà en poste, les difficultés à recruter pourraient s’accentuer du fait de ce principe de précaution.
D’une manière générale, on pourrait assister à une polarisation des tensions entre métiers cadres. Pour certains (informatique, R&D, conseil, etc.), les besoins de transformation des entreprises cumulés à la rareté des compétences devraient participer à maintenir la tension forte d’avant crise. La moindre disposition à la mobilité des cadres en poste à même d’occuper ces fonctions pourrait, pour sa part, contribuer à l’amplifier encore davantage.  
À l’inverse, dans d’autres métiers (communication, marketing, RH, etc.), le sourcing de candidatures devrait s’avérer plus aisé que par le passé. Mais la gestion de ce flux de candidatures pourrait charrier son lot de difficultés nouvelles.

Source : Apec, 5 enjeux pour l’emploi cadre en 2021, janvier 2021