Les jeunes diplômés ont fait des concessions pour décrocher un poste

Les jeunes diplômés ont fait des concessions pour décrocher un poste

Publié le 07/05/2021

Si l’impact de la crise sanitaire et économique a fait chuter le taux d’emploi des jeunes diplômés, il a aussi dégradé la qualité de ces emplois. Les diplômés Bac+5 et plus de la promotion 2019 ont été amenés à faire des concessions pour décrocher un poste, des concessions que les jeunes sans emploi s’attendent eux aussi à devoir faire.

Moins d’emplois et de moindre qualité

Seuls 69 % des diplômés Bac +5 et plus de la promotion 2019 sont en emploi 12 mois après l’obtention de leur diplôme. La dégradation de l’accès à l’emploi s’accompagne d’une détérioration des conditions d’emploi. Sur un marché de l’emploi peu porteur, les jeunes diplômés ont fait le choix, pour être en poste, d’accepter des conditions qui n’étaient pas toujours conformes à leurs attentes. 

Des emplois plus précaires et moins rémunérés 

La proportion des jeunes en CDI diminue de 10 points (59 %), après deux années de stabilité. Davantage de contrats précaires ont été proposés par les entreprises. La part des jeunes titulaires d’un contrat à durée déterminée s’élève à 37 %, soit +12 points par rapport à la précédente promotion et le niveau le plus élevé depuis cinq ans. Pour autant, la proportion de cadres reste identique à celle de la promotion précédente, soit 57 % des jeunes en emploi. Il n’en va pas de même pour les salaires. Ainsi, la rémunération brute annuelle médiane s’élève à 31 000 euros, contre 32 000 euros l’année précédente (-3 %). 

Des emplois moins en phase avec les attentes des jeunes

Afin d’accéder à un emploi, les jeunes diplômés de 2019 ont également fait preuve d’une plus grande flexibilité quant à certains aspects du poste. Au global, sur l’ensemble des critères, l’adéquation de l’emploi occupé par rapport aux souhaits est en recul : 26 % des jeunes en emploi déclarent occuper un poste qui ne correspond pas à leur niveau de qualification (contre 18 % pour la promotion précédente) et 19 % un emploi qui ne correspond pas à leur discipline de formation (contre 15 %). La proportion de celles et ceux qui qualifient leur emploi de job alimentaire diminue légèrement (-2 points) ; quoi qu’il en soit, cette part demeure non négligeable (18 %).

Des jeunes sans emploi prêts aux compromis

De leur côté, les diplômés de 2019 en recherche d’emploi sont particulièrement pessimistes et apparaissent prêts à davantage de concessions pour trouver un emploi que celles et ceux des promotions précédentes. En particulier, 83 % sont prêts à accepter un contrat qui ne soit pas un CDI (+6 points). Ils sont aussi 7 sur 10 à envisager d’accepter un salaire inférieur à celui envisagé. Enfin, le fait d’occuper un emploi qui ne correspondrait pas à leur niveau de diplôme, évoquant le concept de déclassement social, progresse dans les esprits : plus de la moitié des jeunes en recherche se disent prêts à l’accepter, soit une progression de 10 points par rapport à la promotion précédente.

Source : Apec, Baromètre 2021 de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, mai 2021