La crise sanitaire a accentué les inégalités femmes - hommes

La crise sanitaire a accentué les inégalités femmes - hommes

Publié le 22/09/2021

Pour les femmes cadres, la crise sanitaire a été synonyme de stress, d’allongement des horaires, de pression hiérarchique accrue et de moindre progression salariale et ce, davantage que pour les hommes.

L’égalité professionnelle à l’épreuve du télétravail

La crise sanitaire semble avoir eu un impact négatif sur l’égalité professionnelle, notamment en raison du télétravail qui s’est avéré moins avantageux pour les femmes. Pendant la crise et entre les différents confinements, entre 55 % et 63 % des femmes ont télétravaillé de façon intensive (3 à 5 jours par semaine), soit une proportion un peu plus élevée que celle des hommes (entre 52 % et 58 %). Toutefois, l’organisation de ce télétravail a souvent été plus difficile pour les femmes. Durant le 1er confinement, leur organisation matérielle s’est avérée moins confortable que pour les hommes. Elles se sont plus souvent installées dans un salon, une cuisine ou sans endroit défini, augmentant ainsi les possibilités d’être dérangées. De surcroît, le travail scolaire des enfants a été principalement assumé par les mères. Lors du 3e confinement, 8 femmes sur 10 se sont occupées de leurs enfants, même si ce n’était pas à leur charge exclusive, contre moins de 4 hommes sur 10. 

Une moindre confiance des femmes en leur avenir professionnel

La période de crise sanitaire a été vécue pour une part importante des femmes cadres sous le signe du stress, d’une pression accrue des managers, de l’augmentation de leur charge de travail et de la nécessaire adaptation de leurs horaires. Ces contraintes subies pourraient avoir des conséquences durables sur leur trajectoire professionnelle. Leur confiance dans leur avenir professionnel est structurellement plus faible que chez les hommes et cet écart s’est accentué. 61 % des femmes déclarent avoir confiance en leur avenir professionnel (que ce soit dans leur entreprise actuelle ou dans une autre), soit 10 points de moins que les hommes. L’écart sur ce point entre hommes et femmes est au plus haut depuis 5 ans.

Les attentes des femmes pour faire avancer l’égalité professionnelle

Pour répondre à ces enjeux et favoriser l’égalité au travail, les femmes cadres sont en attente de réponses des entreprises. Elles placent principalement les priorités d’action sur deux axes : le changement d’état d’esprit des managers/dirigeants et l’augmentation de leur rémunération. Les hommes les rejoignent sur ces orientations majeures, mais dans des proportions moindres.

Sur la question de la rémunération, en 2020, les femmes ont été moins augmentées que les hommes. Ainsi seuls 35 % des femmes cadres ont vu leur rémunération progresser contre 40% pour les hommes cadres. Alors que depuis 2017, l’écart se réduisait, avec respectivement : 49% des hommes et 46% des femmes en 2019, 51% des hommes et 49% des femmes en 2018, 51% des hommes et 48% des femmes en 2017.

Source : Femmes cadres et crise sanitaire, septembre 2021