Pourquoi continuer à miser sur les jeunes diplômés ?

Pourquoi continuer à miser sur les jeunes diplômés ?

Publié le 12/01/2021

En contexte de crise, les jeunes diplômés représentent une énergie indispensable et un investissement pour l’avenir : aux entreprises de leur donner leur chance en s’appuyant autant que possible sur les aides et dispositifs mis en place.

Chassés jusque dans les écoles et universités avant leur diplôme, coeurs de cible des marques employeurs, les jeunes diplômés craignent aujourd’hui d’être demain la « génération sacrifiée » de la crise. Mais investir sur les jeunes diplômés, c’est investir sur l’avenir : les entreprises ont tout intérêt à penser à l’après-crise et continuer à miser sur la nouvelle génération !


Recruter des jeunes diplômés : un « risque » qui en vaut la peine

En cette rentrée 2020, 750 000 jeunes sont arrivés sur le marché du travail, mais au mois d’avril 2020, le nombre d’offres d’emploi destinées aux jeunes diplômés a chuté significativement : - 69 % d’offres contre - 62 % pour l’ensemble des offres de cadres par rapport à avril 2019. Les prévisions de recrutements cadres de 297 000 embauches en 2020, dont 50 000 recrutements pour les jeunes, annoncées en début d’année, ne se réaliseront pas*. En cause : l’arrêt des commandes et la difficulté des entreprises à se projeter dans un contexte d’incertitude économique. 

L’heure est davantage à la préservation de sa trésorerie qu’aux investissements. Une situation qui fait souffler un vent de crainte sur les jeunes diplômés, qui souhaitent pouvoir faire leurs preuves dans le monde professionnel, mais affrontent des processus de recrutement plus longs et une concurrence accrue…

Pourtant, la nouvelle génération a de nombreuses qualités à faire valoir aux yeux des recruteurs. Il est inutile de rappeler l’aisance inégalée de ces Digital natives face aux nouvelles technologies – un atout précieux pour les entreprises qui doivent impérativement prendre les devants pour améliorer leur compétitivité.

Les jeunes diplômés ont aussi – on y pense moins – une sensibilité particulière à l’humain et la capacité à travailler au sein d’équipes pluridisciplinaires et/ou multiculturelles. Autant de soft skills indispensables à la performance globale de l’entreprise.

Enfin, les jeunes cadres croient en l’économie sociale et solidaire et sont conscients de la nécessité d’accélérer la transition écologique. Et cela tombe bien, car les entreprises devront de plus en plus « montrer patte blanche » sur le plan de leur impact environnemental, à la fois vis-à-vis de leurs clients et des parties prenantes et investisseurs. « Recruter des jeunes diplômés, plus engagés que leurs aînés sur ces questions, va donc leur permettre de répondre plus rapidement et plus efficacement aux attentes de leurs clients et de la société » souligne Pierre Giraud-Drogoul, consultant relations entreprises à l’Apec.

La nouvelle génération de collaborateurs incarne le présent et le futur tant par sa vision du travail, du management que par son usage des technologies. « Sur l’innovation, un jeune va nous permettre de sortir du cadre, d’aller sur des terrains où on n’a pas l’habitude d’aller », confirme Dominique Watier, directeur de la PME lallinoise TDR, travaillant sur des solutions robotiques pour faciliter les process industriels. Elle représente en ce sens une véritable opportunité pour les entreprises et leur performance à long terme. À elles de s’en saisir !


Recrutement ou non, les entreprises doivent garder le lien !

Quand tout recrutement est devenu impossible, il est question de maintenir le dialogue entre l’entreprise et les jeunes diplômés. La crise est un moment privilégié pour resserrer les liens, même si cela ne débouche pas immédiatement sur des embauches. La règle à retenir pour continuer d’avancer en contexte de crise : avoir une vision de long terme. L’objectif est de préparer l’aprèscrise et de rebondir de manière très réactive lorsque les recrutements redémarreront.

L’entreprise peut profiter de la crise pour retravailler sa marque employeur et renforcer ses critères d’attractivité. Pour attirer ces derniers, l’enseigne Lidl développe un programme de salariés ambassadeurs. « Une vingtaine parle de notre entreprise dans les écoles et sur notre site carrière, en engageant directement des discussions avec les candidats afin d’échanger sur leur métier et leur formation », explique Anne Broches, DRH du Groupe. Des stories vidéo, qui permettent aux candidats de découvrir les coulisses de l’entreprise, sont par ailleurs disponibles dans les offres d’emploi.

C’est également le moment de se pencher sur l’expérience candidat : que fait-on vivre au candidat dès qu’il entre en contact avec l’entreprise ? Quel accueil reçoit-il ? Des questions fondamentales car à poste et salaire équivalent, un jeune diplômé ira là où son « expérience humaine » sera la meilleure. Et, qu’il soit ou non votre future recrue, le bouche-à-oreille jouera dès lors en faveur de votre entreprise, suscitant de nouvelles candidatures.

La crise est également l’occasion de repenser votre utilisation des réseaux sociaux, dans une volonté de communication et de transparence. L’objectif est d’instaurer une relation régulière avec les jeunes diplômés et de s’inscrire durablement dans les esprits pour réussir vos embauches le moment venu.

 

Sur quels dispositifs, outils et aides s’appuyer pour embaucher malgré tout ?

Les difficultés économiques que traversent de nombreux secteurs aujourd’hui freinent les embauches et poussent de nombreuses entreprises à mettre en suspens leur politique de recrutement. Pourtant, de nombreux dispositifs existent aujourd’hui pour encourager les entreprises à recruter des jeunes diplômés.

Premier réflexe pour les recruteurs : penser bien sûr aux contrats « alternatifs » – stage, alternance, free-lance, etc. – qui offrent aux jeunes une première entrée dans le monde du travail. Ces contrats représentent une prise de risque limitée pour l’entreprise et lui permettent de faire face à un besoin de main-d'oeuvre rapide, tout en anticipant la croissance de l’entreprise et en maîtrisant les coûts salariaux.

L’État a mis en place, depuis juillet, un certain nombre de mesures et d’aides légales : aides d'exonération des charges patronales et salariales pour l’embauche en CDI des jeunes diplômés, plan « 1 jeune, 1 solution », prolongement pour une période équivalente à la durée du confinement des conventions de stage… toutes les entreprises peuvent avoir recours à ces mesures d’urgences pour continuer à embaucher des jeunes malgré le contexte peu favorable.

À la Caisse nationale d’assurance vieillesse, on mise sur le côté apprenants. On les forme en alternance. Avant la Covid-19, on retenait des candidats aguerris au service client. Aujourd’hui, on choisit plutôt des profils moins qualifiés, mais fléchés sur les jeunes. On essaie progressivement de rééquilibrer notre pyramide des âges et on est sensible au plan jeunes », explique son DRH, Jérôme Friteau. 

Aux entreprises ensuite de mettre en place une politique d’offboarding, qui les accompagne concrètement en fin de mission. « Notamment, en leur proposant d’établir avec eux un bilan constructif de leur mission, qui va les aider à mieux se connaître et à se projeter dans d’autres entreprises, détaille Celica Thellier, cofondatrice de ChooseMyCompany, une entreprise à mission (loi Pacte) dont la finalité est l’amélioration de la relation au travail. Si on ne peut pas proposer de poste à un jeune, il est au moins essentiel de l’aider à mieux définir son projet pour la suite. C’est aussi à cela que doivent servir un stage ou une alternance » en ajoutant qu’il faut avoir pris soin au début du contrat de construire une feuille de route listant les compétences métiers et soft skills à acquérir puis faire des points réguliers sur les compétences acquises. Un moyen efficace pour que, une fois diplômés, les jeunes puissent valoriser ses compétences auprès de futurs employeurs.

Le recrutement de jeunes diplômés ne doit pas être perçu comme une contrainte ou une prise de risque : la nouvelle génération représente une véritable opportunité pour les entreprises, qui doivent s’en saisir pour mettre toutes les chances de leur côté sur le court et le long terme. Surtout en période de crise. 

 

 

*Source : Communiqué de presse Covid-19 et insertion professionnelle des jeunes diplômés, Apec, 2020

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