Jeunes diplômés : devez-vous accepter un emploi sous-qualifié ?
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Véronique Courault

Jeunes diplômés : devez-vous accepter un emploi sous-qualifié ?

Publié le 22/10/2020 par Véronique Courault
La crise économique actuelle ne facilite pas l’entrée des jeunes diplômés sur le marché du travail et les confronte à un dilemme récurrent quand un poste ne correspond pas au niveau d’études, au salaire espéré… Doit-on dire oui malgré tout ? Voici trois bonnes raisons d’accepter un poste sous-qualifié.

Pour développer vos compétences et votre connaissance de l’entreprise

En acceptant un poste sous-qualifié, vous n’optez pas pour une satisfaction immédiate mais pour une stratégie gagnante à moyen terme. Certes, vous êtes aujourd’hui diplômé, mais vous devez encore cultiver ces soft skills indispensables à la réussite d’une carrière. Ce premier poste vous laissera le temps d’apprendre à gérer votre stress, à travailler en équipe, à mieux communiquer avec vos collègues, vos clients ou votre hiérarchie… Il vous permettra aussi de découvrir les codes comportementaux et le jargon propres à votre entreprise ou à votre secteur d’activité. En un mot, il renforce votre employabilité et, lorsque le poste de vos rêves se présentera, vous serez armé.

Pour élargir votre réseau et donner du contenu à votre CV

Prendre un poste, même sous-qualifé, vous donne l’occasion d’intégrer un écosystème. Vous mettez le pied à l’étrier. De l’intérieur de l’entreprise, vous êtes bien placé pour être au courant de ses projets de développement et de ses besoins éventuels. Vous avez la possibilité de vous faire connaître, et apprécier. Vous cultivez votre réseau en interne, mais ne vous laissez pas « happer » par le travail au point de relâcher votre veille. Bien plus qu’à la fin de vos études, vous êtes en position de force pour chercher un autre poste. D’abord, parce que vos besoins « alimentaires » sont comblés. Mais ensuite et surtout, parce que les recruteurs voient d’un bon œil les candidats déjà en poste, c’est-à-dire dotés d’une première expérience de l’entreprise, qui se sont révélés capables de s’adapter. Et ils se méfient des trous dans le CV.

Pour peaufiner en toute sécurité votre projet professionnel 

Mieux vaut, dès l’entretien, jouer cartes sur table avec le recruteur. Oui, votre objectif à moyen terme est de devenir ingénieur, mais ce poste de technicien vous permettra de parfaire votre connaissance du secteur et de vous rôder. Ainsi, le recruteur pourra penser à vous si une nouvelle opportunité s’ouvre en interne. De votre côté, vous préciserez certainement vos ambitions lors de cette première expérience : votre projet professionnel, tel que vous l’envisagiez à la fin de vos études, est-il adapté au marché ? A vos goûts ? Préférez-vous, à l’usage, travailler dans une PME ou un grand groupe ? De nouveaux centres d’intérêt ont-ils surgi ? 

Ce poste sous-qualifié est un « tremplin », qui n’a pas vocation à s’éterniser. Evitez d’y rester plus de deux ans. Mais il vous insufflera des idées nouvelles, ouvrant des voies souvent insoupçonnées.


A propos de l’auteure

Diplômée en sciences économiques et sociales, Véronique Courault a une expérience de 25 ans dans la grande distribution en tant que Manager opérationnel, Chargée de développement des projets RH et Chargée de déploiement des projets transverses dans la conduite du changement. Guidée et influencée par l’opérationnel, les relations, le développement et l’accompagnement, elle a orienté son parcours professionnel vers le recrutement, le conseil et la gestion de carrière. Consultante à l’Apec en Région Centre Val de Loire, elle met aujourd’hui son expertise au services des cadres et des jeunes diplômés dans leur gestion de carrière et leur insertion professionnelle.

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